Comme cette commande reliée depuis le talus au Lion d'Or pour dire tu ne bougeras point, d'aucuns se posent des questions sur le devenir de nos nacelles en ce temps de confinement. Il est bien inimaginable de laisser de surcroît en ces jours sombres couler à fond nos futreaux et toues. Confinés en leur maison, Nelly, Sophie, Claire, Gilles, Gros Fred, Grand Fred, Freu, Philippe, la visite hebdomadaire de l'équipage n'est plus possible. Semblant vouloir apporter un soutien moral relatif, la nature s'est aussi conditionnée en mode chômage et les eaux ne sont plus marchandes. Depuis notre dernier voyage en bateau, aucune pluie n'a arrosé le bocage et la rivière a perdu 70 cm (voir la hauteur de berge de l'île aux chêvres). Tous les deux à trois jours les ancres doivent être déplacées et la flotte bourbonnaise, comme un glacier qui fond et recule, baisse rapidement vers son quartier d'été. Résumons : en haut, Embraud sans musique et sans chanson, les hirondelles viennent d'arriver, la rivière est calme et paisible autant que le monde humain à la fièvre !
Cécile à la recherche d'une ancre qui ne veut pas lâcher prise et l'eau n'est pas encore chaude !
Retour de bac suite "déplacement bref aux besoins d'animaux de compagnie"...
Fin de journée sur l'intemporel futreau Hors du Temps et du bleu derrière les nuages...
Pour ce 5ème voyage public sur l'Allier le bateau n'est pas complet. Le Lion d'Or lève l'ancre comme prévu à 10 heures, probablement pour la dernière fois avant longtemps pour cause d'ombre de Covid-19. Pourtant la rivière resplendit de tous ses atours et le petit public présent ne regrette pas de s'être levé si matinalement en ce samedi, profitant de la douceur du jour et des couleurs offertes.
Au bas d'Embraud, rue de la Chaîne : 10 heures pétantes, c'est "l'entrée en bateau" (photos nelly perret)
A contre-courant vers l'île du Veurdre
Première halte à la confluence. Le bateau flotte sur les eaux à peine mélangées de la Bieudre et de l'Allier. Ici débute l'évocation de l'ancienne batellerie.
De belles eaux argentées et marchandes offrant la sérénité d'un voyage en rivière
Les grandes demeures du Val d'Allier veillent les eaux passantes...
Les traces : ici la présentation d'une ancienne courbe de chaland, pièce de bois choisie sur l'arbre pour sa forme précontrainte et sa solidité dans la construction des bateaux.
La "sauvagerie" de la rivière Allier n'est pas extrêmement perceptible en ce jour ! Imaginez en plus le chant des oiseaux et les claquements de becs des cigognes au nid et vous aurez une petite idée de cette matinée.
A l'approche des terres de Braud...
La rue de la Chaîne et son échelle, les silhouettes des nacelles des chavans se dessinent doucement avant midi.
Embraud sur son promontoire
Un port Bourbonnais : futreaux, toues et bachots à l'ancre
Bientôt l'équipage laissera tomber l'ancre de la toue qui s'engravera au profond des sables et nos passagers oxygénés, repasseront la planche.
Message du Président de La Chavannée Frédéric Paris
Les dernières annonces sur le coronavirus nous obligent à prendre une décision exceptionnelle : la fermeture d'Embraud à compter du lundi 16 mars 2020 pour une période indéterminée, ainsi que l'accueil des groupes en visites, les hébergements et les sorties bateau.
Nelly concentrée à sa tâche !
L'après-midi clément est consacré à la rehausse du "rouge chavan" des plats-bords de lisse du bachot.
Accueil du groupe rue de la Chaîne (photos nelly perret)
Echelle des crues du pont du Veurdre : + 0,35 m.
Le point commun de la majeure partie des passagers de ce 4ème voyage public est bien d'être déjà "entrés en bateau" à notre invitation dans d'autres saisons. Pour nous une belle reconnaissance d'un instant de découverte et d'évasion sur cette magnifique rivière. Comme prévu, après le mauvais temps le soleil et surtout un afflot conditionnant de belles eaux marchandes et quelques libertés sur le choix de route.
Présentation du bateau et levée d'ancre pour une remontée jusqu'à la pointe nord de l'île du Veurdre
Au même instant, Freu et Philippe s'embarquent sur leur futreau pour une reconnaissance de territoire aux bâtons devant Embraud. L'occasion malheureusement de collecter diverses bouteilles en plastiques en provenance sans en douter des agglomérations d'amont que sont Vichy et Moulins.
Belle image d'un équipage remontant la rivière à l'ancienne devant Embraud...
Pendant ce temps, la toue cabanée poursuit son petit voyage et fait halte comme de coutume à l'île du Ponsut.
L'après-midi, Gilles, se défiant lui-même sur ces eaux vives de mars, remonte jusqu'au bec de Bieudre avec la technique de bâton "en marchant". Puis c'est le tour de Nelly de s'entraîner aux avirons sur le bachot et d'effectuer son bac hebdomadaire.
Rivière à la hausse avec une cote positive de 0,12 m. La Bieudre, affluent charmant et sinueux du bocage Bourbonnais naît sur le territoire de Theneuille, parcours un peu plus de 45 kms avant de rejoindre l'Allier au bas de la colline de Château. Quand cette rivière est aussi à la hausse, elle draine les argiles des terres traversées qui lui confère une empreinte qui demeure bien distincte même une fois rencontrée sa grande soeur. La photo ci-dessus, saisie à la pointe nord de l'île du Veurdre, est bien révélatrice du phénomène.
Corvée d'écopage rue de la Chaîne à Château et ambiance de rivière bouillonnante au moulin Neuf au Veurdre
7 h 30, sans bruit ni souffle, la nuit fut grandement arrosée. Sur son latéral Finistère le bocage ruisselle de toutes ses veines d'eau, grandes et petites. Elles courent ensemble à la rivière qui rejoint son niveau d'eaux marchandes, quelques dizaines de centimètres au-dessus du zéro. Un voyage "public" se dessine pour samedi matin si le moral du ciel change.
Ce matin, forte de son enthousiasme et de sa motivation, Nelly, nouvelle batelière de l'équipage réalise son premier bac en solo aux avirons, c'est à dire un aller-retour d'une rive à l'autre sur un bras principal de la rivière Allier.
Ce jour, on ne peut considérer ces eaux comme confortables, encore moins "marchandes", néanmoins malgré quelques passages où force est d'utiliser les grands bâtons ferrés, le bateau du jour ramène ses passagers heureux d'une si belle matinée sur l'eau qui vaut les meilleures méditations.
photos nelly perret
Dans l'après-midi, des membres de l'équipage aguerris ou en passe de le devenir, s'exercent en rivière. Au bâton pour Gilles qui ira jusqu'à rendre visite aux eaux discrètes de la Bieudre, et Nelly sur le bachot, motivée comme jamais pour maîtriser le bac aux avirons.