Samedi 1er février 2020
Echelle du Veurdre : + 0,06 m.
En vue de la participation du futreau chavan Bel Orléans aux prochaines fêtes batelières de Saint-Benoît-sur-Loire, Gilles travaille son geste au bâton ferré entre Embraud et le bec de Bieudre.

Echelle du Veurdre : + 0,06 m.
En vue de la participation du futreau chavan Bel Orléans aux prochaines fêtes batelières de Saint-Benoît-sur-Loire, Gilles travaille son geste au bâton ferré entre Embraud et le bec de Bieudre.

L’Allier, une rivière qui passe son temps dans ses lits…
Originaire de la Margeride et plus précisément à 1.485 m d’altitude, du Moure de la Gardille, une montagne Lozérienne entre Langogne et Le Bleymard, elle coule grosso modo sur un axe du sud vers le nord, pour confluer après plus de 400 kilomètres avec la Loire, près de Nevers, au Bec d’Allier, à 167 m.

Son bassin versant, de plus de 14.000 km² est essentiellement constitué sur le Massif Central et son régime est d’origine pluviale, lié surtout aux influences océaniques sur la grande majorité de son territoire, et aussi pour l’amont, aux influences méditerranéennes ou cévenoles qui impactent rapidement et fortement les débits. Quand ces deux influences se combinent, elles génèrent des crues de grande envergure.
Circulant sur un substrat globalement imperméable elle réagit rapidement à la saturation des sols par les pluies, un peu à la manière des gouttières d’un toit. Le ruissellement l’abonde engageant des afflots et des crues ; à l’inverse, elle accompagne d’étiages qui peuvent être sévères les épisodes de sécheresse surtout estivale. Les valeurs d’étiages extrêmes non soutenus à Cuffy, à la confluence avec la Loire sont inférieures à 10 m3/seconde, tandis que les crues les plus fortes peuvent atteindre des débits de plusieurs milliers de m3 au même endroit, comme en 1790, 1846, 1856 et 1866 alors que le débit moyen est de l’ordre de 150 m3/s. Ces variations considérables expliquent l’occupation plus ou moins importante du lit mineur par temps moyens et des débordements sur le lit majeur qui peuvent être considérables en surface et en hauteur ennoyées. Le pont Régemortes, édifié au XVIIIème siècle à Moulins est un indicateur très intéressant, du fait de sa pérennité exceptionnelle sur plusieurs siècles, pour mesurer et mémoriser ces amplitudes.

Tout le long de son cours les localités ou ouvrages portent gravés dans la pierre des niveaux et des datations des crues d’importance qui peuvent survenir de l’automne au printemps. En terroir Chavan, le repère officiel c’est l’échelle des crues du pont du Veurdre qui flirte certains étés, comme celui de 2019, avec la cote - 1 m, se cale autour du niveau O pour les débits moyens,
monte à près de 3 m pour les crues dites remarquables et peut même indiquer près de 6 m pour les crues exceptionnelles…
Un regard, en parallèle simultané sur les échelles en amont de Régemortes et surtout de Châtel-de-Neuvre, parce qu’elles anticipent d’environ une dizaine d’heures ce qui va passer d’eau au Veurdre, permet de prévoir la tendance haussière ou baissière de la variation de débit.
En zone de plaine, la rivière visible est doublée dans l’épaisseur des alluvions comme à Embraud d’une nappe alluviale souterraine qui évolue parallèlement, captée à certains points pour l’alimentation en eau potable dont la qualité est largement conditionnée par celle de la surface et des pratiques humaines qui occupent les sols de la vallée.
Qualifié de « sauvage », l’Allier est en effet laissé, comparativement à beaucoup d’autres cours d’eau européens, libre de divaguer dans ses lits, bien qu’il ne soit pas totalement exempts d’aménagements au droit des ponts et ouvrages sensibles, de seuils comme celui des Lorrains à Apremont, de retenues d’eau comme à Naussac et à Vichy, dont certaines ont été effacées comme à Saint-Etienne-du-Vigan ou sont en cours de reconfiguration comme à Poutès-Monistrol. Cette originalité lui confère un grand intérêt hydrologique et environnemental. Il est principalement tributaire des apports en rive gauche de l’Alagnon et de la Sioule, en rive droite de la Dore dont les sources respectives sont établies dans les montagnes Auvergnates. Lui-même est un affluent majeur de la Loire, le fleuve, dont cette dénomination fit débats avant d’être maintenant bien établie.
Ces caractéristiques conditionnent très largement les attitudes et les comportements humains de ses riverains que nous évoquerons dans des publications ultérieures, à paraître bientôt.
Jean-Christophe Grossetête
Après un jour et demi de pluie, ce matin c’est enfin l’accalmie. Vite mon appareil photo, je descends à la rivière ! Le soleil entre deux nuages laisse transparaître une lumière argentée qui se reflète sur l’eau. Le vent du sud est toujours présent et fait flotter les drapeaux chavans.
Après avoir visité tous les bateaux pour un écopage nécessaire, je m’accorde une petite pause à l’abri de la cabane du Lion, tout est calme et paisible.
Nelly
Echelle des crues du Veurdre : - 0,31 m.
En ce matin radieux, les eaux passantes montrent toute leur belle énergie à courir à la Loire, à la mer. Nelly, pour sa 2ème séance, s'essaie aux avirons sur le bachot qui a vu toutes les premières fois. Cette petite nacelle fêtera d'ailleurs ses improbables 28 ans de rivière Allier le 29 février prochain. L'occasion de se remémorer les mots de son charpentier, Guy Brémard : 3 mn d'attention par jour et ton bachot y passera les 20 ans...

Voici donc une jeune fille motivée, comme en leur temps Cécile, Danielle et Sophie, à maîtriser les éléments pour un bac rue de la Chaîne / île aux chèvres. Position du corps, des mains, des jambes, regard à 360°, contrôle de sa latéralité, de l'angle du bateau, de l'axe et la force du courant, de la profondeur et mise en oeuvre de quelques muscles ! La grande liberté offerte à s'embarquer pour traverser en tout temps et tout lieu n'a alors pas de prix. Suivra le temps de l'apprentissage du bâton ferré, probablement sur les prochaines eaux de printemps.
Echelle du Veurdre : - 0,17 m.
Les drapeaux et "guirouets" des mâts flottent sur Embraud, à contre-courant de la rivière... Le frais et beau signal du nord attendu pour Thibaut et Manu...

La grand'voile a quitté la halle de danse pour rejoindre son vaisseau attitré - c'est l'instant des réglages avant la levée d'ancre
La voile n'est encore qu'à mi-mât, Hors-du-temps rejoint non sans difficulté le lit du vent qui l'oblige à de tendus travers...
Dimanche paisible au bord de l’eau où tout à coup une voile blanche est apparue, le vent du Nord était là ! Nelly
Les minutes magnifiques où il n'y a plus rien à faire ni à penser, il ne fait plus froid, c'est l'équilibre absolu des forces en présence, l'équipage est dans le vent
Echelle des crues du Veurdre : + 0,13 m.
Puisqu'il faut bien revenir et profitant d'un petit afflot de Sioule, le Lion lève l'ancre ce jour à 10 heures et presque comme de coutume, il fait froid, moins 4 au lever du jour.
Nos photographes, Nelly Perret et Sabine Mouche, chacune avec leur sensibilité couvrent cette avalaison de retour.

Image intemporelle, celle du relevé d'ancre d'une toue devant Moulins, cité batelière, attention ça glisse fort !
Début des virages inquiétants de Chavennes (Avermes), que nous pouvons maintenant qualifier de dangereux... Lieux de rebut de carrières anciennes et autant de remous et "d'écueils en rivière"
Ci-dessous, de mauvaises photos du téléphone à Manu, mais notez avec attention les traces de cordages encore visibles sur plusieurs pilots (poteaux d'embarquement) de l'ancien port d'Aubigny, les Roches.
photos manu paris
Echelle des crues du Veurdre : + 0,18 m le 10 et + 0,07 le 11.
Pour donner écho et réalité à la belle exposition sur l'ancienne batellerie actuellement visible au Musée Anne de Beaujeu, les 10 et 11 janvier derniers, le Lion d'Or, toue de 13 mètres des Chavans remonte la rivière jusqu'à son terminus, le seuil du pont Régemortes à Moulins-sur-Allier.
Voici les images de cette "remonte" sur 36 kms de cours. Nous débutons avec le regard de Nelly Perret.

Sur le détroit Villeneuve / Moulins : la rivière change totalement d'allure, les vertes prairies de bordures sont remplacées par une dense ripisylve beaucoup moins attachante apportant une grande mélancolie à ce segment de rivière
Les Herrards (Montilly). Ici se jette dans l'Allier en rive gauche un petit ruisseau nommé La Loire, ça ne s'invente pas ! Il marque aussi un virage de la rivière extrêmement dangereux par des courants contrariés et rappelle la grande attention qu'il convient de garder sur ces eaux de janvier.
Ci-dessous, en diaporama, les regards embarqués de Sabine Mouche et Gilles Montagne.
Ancrée face au Centre National du Costume de Scène, la grande toue, dès son arrivée, rencontre un public curieux, invité par Manu et Gilles à "entrer en bateau" pour des échanges très sympathiques.

Nelly Perret, en vigie assidue du petit détroit Bec de Bieudre / Embraud, nous offre son regard et les contrastes extrêmes dont la rivière est capable actuellement.
Au début c’était assez mystique avec ce brouillard qui laissait à peine entrevoir l’ombre des bateaux, puis il s'est dissipé pour laisser place à une lumière presque féerique avec des couleurs flamboyantes.
Echelle des crues du Veurdre : + 0,37 m.
Une rivière qui stabilise des "eaux marchandes". L'espoir de rejoindre Moulins se dessine... Soit avec la grande toue, soit le futreau-voilier Hors du Temps si les vents tournent à la bise.
