Samedi 16 juillet 2016 : reportage pour le magazine Détours en France
Descente de rivière aux bâtons sur le détroit Port Barreau / Embraud avec la journaliste-écrivain Corinne Pradier et le photographe Luc Olivier (photo manu paris).
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Amont de la Tour Barrieu. Thibaut, Jean-Baptiste, Manu à la pause à l'ombre. Rosé de Saint-Pourçain, pâté à la viande de Franchesse et un p'tit culot de gris avant de repartir.
La rivière approche de son étiage le plus fort. Au fil de cette avalaison, alors que la bonne route demande précision, nous voyons s'étendre les grèves blondes et les îles s'allonger. Celle des Simonins sur la commune de Saint-Léopardin-d'Augy est presque reliée à la rive Bourbonnaise.
Samedi 9 juillet 2016

Bac d'un petit "train" composé d'un futreau et d'une toue depuis les grèves qui approchent au sol les 50 degrés ! Destination : les frondaisons des grands arbres qui surplombent la rive Bourbonnaise (photo frédéric mourier).
Tôt ce matin, en prévision de la chaleur, une équipe mixte a violenté la ronce pour "mettre en fosse" et à l'ombre la totalité de nos nacelles. Un travail harassant récompensé par l'obligation finale d'entrer pieds nus en rivière.
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C'est une magnifique et dépaysante perspective qui se découvre depuis ce nouvel appontement. Ici, la vision se porte à plus de deux kilomètres vers l'amont, en direction du pont du Veurdre qui d'où nous sommes vibre comme un mirage. C'est la magie de cette vallée d'offrir, en plein bocage, une telle ouverture au regard.
L'astre maintenant au zénith oblige à quelques astuces pour maintenir la cervoise fraîche... Le limon juste découvert fera l'affaire.
Mercredi 6 juillet 2016
La chaleur fait rage sur le Bourbonnais et les Lions d'Or cherchent l'ombre... Ici, sous le grand chêne de la rue de la Chaîne !
Les charpentiers en bateaux ont l'habitude de dire qu'une place à l'ombre l'été midi passé assure un crédit de service de cinq années supplémentaires.
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Samedi 25 juin 2016
La rivière est encore "boule" mais elle perd du niveau chaque jour. Il convient de bien suivre son mouvement, car nos bateaux, lourds et contrariés par un petit vent de remonte, ne la suivent pas forcément. Fred et Manu ont la charge de déplacer et rallonger les ancres.
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22 juin 2016
Fabrication et pose par David d'un banc-coffre dans la cabane de la toue pour le rangement des gilets réglementaires.
Lundi 20 juin dernier, la cote de l'échelle du Veurdre affichait + 0,30 cm, signal pour le Lion d'Or de quitter l'anse de la rue de la Chaîne.
Aujourd'hui 22 juin, premier jour de canicule de l'année, l'échelle marque presque zéro, soit 30 cm perdus en 3 jours ! Le futreau Hors du Temps repose sur le ventre...
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8 et 9 juin 2016 : l'école de Mirefleurs à Embraud
Cette semaine, Embraud accueille l'école primaire de Mirefleurs. Commune auvergnate riveraine, comme nous, de la rivière Allier.
On ne peut douter que les classes de Claire et Sylvain ont travaillé cette année sur la thématique batellerie de ce grand cours d'eau, car les questions des enfants sont pertinentes et leur attention perceptible.
Certains ont fait des recherches à partir de notre blog. Ils connaissent et le nom et l'origine de tous nos bateaux !
C'est donc leur rivière qu'ils observent presque 180 kilomètres à l'aval et son allure bien sûr à changé ! Les rochers noirs ont fait place aux prairies et le lit a pour le moins triplé de largeur.
Ils habitent le pays haut, et nous avons nous aussi, de grands souvenirs bateliers de ces contrées...
Lorsque les groupes descendent à travers la vigne qui les conduit à la rivière, ils ne savent pas encore qu'ils vont bientôt embarquer... Leur joie fait plaisir à voir.
Sur les deux jours, Fred et Manu inviteront six groupes à "entrer en bateau", pour une balade commentée entre Embraud et l'île du Ponsut. Les oiseaux sont au rendez-vous : le Lion d'Or est successivement survolé par les sternes naines et Pierregarin, les gravelots, les oedicnèmes, les martins-pêcheurs, les cigognes, les milans et deux colonies du mythique oiseau arc-en-ciel, le guêpier qui étincelle sous le soleil revenu.
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4 juin 2016
Les courbes de mesures donnent maintenant une rivière à la baisse, mais c'est presque imperceptible à voir en vrai.
En fin de matinée, nous embarquons Gilles et Claire sur une grande rivière, dans le but de commencer l'inventaire des changements notables post afflot.
Les berges terriblement détrempées par des jours de pluie ininterrompue n'ont pu retenir les plus grands arbres des îles qui maintenant s'approchent de l'horizontale, dans l'attente de la chute finale.
L'île du Ponsut en témoigne et le chenal s'en trouvera réduit. Les prochaines remontes à la voile seront techniques et l'on comprend pourquoi le chemin de halage historique ne souffrait d'aucune plantation en limite.
Aujourd'hui, Frédéric propose à Embraud un atelier musique verte. La toue Pénélope est réquisitionnée pour fournir du saule tendre qui, une fois ouvragé, produira de magnifiques "cornadouelles", des trompes faites d'écorce hélicoïdalement taillée au couteau et délicatement décollée. En fonction de la pression et par une anche de lilas disposée en son sommet, deux curieux tons peuvent être émis. Les bergers se répondaient de loin en loin avec ce type d'instrument on ne peut plus primitif.
En route pour le bec de Bieudre...
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3 juin 2016 à midi
Pour cette fois, il semble que nous voyons passer l'onde max de cette montée de rivière, soit une hauteur de 2,42 m à l'échelle de crue du Veurdre et un débit de 657,89 m3 à Moulins, puisque la station du Veurdre ne donne pas cette mesure.
Demain, toute la connaissance de nos voies de navigation ne vaudra plus rien. C'est la loi d'une rivière sauvage et ça rend humble...
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1er juin 2016 : l'Allier à 600 m3/s
Pour ressentir toute la force de la rivière en ce jour, voici un petit voyage sur l'Allier qui s'en va rejoindre sa confluence à un peu plus de 600 m3/s. Elle n'est pas encore débordante, mais déjà des bûches et branches sont croisées. A la pointe de l'île du Veurdre, nous reconnaîtrons les eaux jaunes de La Bieudre mêlées quelques centaines de mètres plus à l'amont au pied de la colline de Château. Elles courent en rive gauche et confèrent au lieu un caractère amazonien. En fin d'après-midi, plusieurs arbres entiers passent devant Embraud comme de grands animaux flottants arrivant du Jurassique... Craquements et grincements inquiétants à la clé, lorsque les énormes troncs "embrassent" les embacles déjà formés en têtes d'îles.
L'ancienne formule dit "sans fond, pas de marine", nous sommes dans ce cadre, il n'est plus là question de piloter aux bâtons et il fut bien sage d'avoir garé hier nos bateaux !
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