Le Veurdre / Moulins

Publié le par L'Equipage des Chavans

Le dix du mois d’avril : anse de la Tour Barrieu

 

 

Risée-sur-l'Allier

 

C’est ainsi que nous entrâmes en bateau au matin d’un beau dimanche.

 

A cet instant et malgré l’affairement du départ, chacun soupçonne que le frémissement des arbres précède le grand souffle de mer annoncé. Déjà les nuages de coton, sous le bleu, courent à l’envers de la puissante veine.

 

« Ancre sur tillac », le compagnon de mât conduit la vergue au faîte et comme une évidence notre nacelle, dans le temps suivant, laboure de sa levée les flots qui blanchissent au choc.

 

Jean-Bapt-en-alerte-sur-la-levée-avant

 

L’équipage est aujourd’hui renforcé d’un jeune charpentier en charge des écueils en rivière, mais pouvons-nous même imaginer que ce fin vaisseau contredira le fleuve cinq heures durant pour atteindre la ville neuve ?

 

De mon poste, sous des flèches d’Eole plus vives et fraîches, je perçois d’impressionnants changements d’aplomb, la piautre semble vouloir sortir de l’eau, le guiroué grince et la mâture grogne.

 

 

 

Manu-à-la-piautre

 

 

Gréement-du-Hors-du-Temps

 

Ce détroit de rivière est grandiose et inquiétant, pas de chemin, pas de prairies qui viennent mourir au bord de l’eau, seulement un rideau d’arbres pour chaque rive où se superposent les nids géants de nouveaux ptérodactyles noir et blanc.

 

 

Jean-Marc-et-Fred

 

Afin de nous repérer sur la carte, nous guettons les rares constructions ou repères intemporels, voici en rive gauche les domaines de Créange et des Poissons, la confluence de la Burge est croisée puis à midi l’ancienne auberge de Port Barreau où nous jetons l’ancre et ouvrons nos couteaux.

 

1679 Remontee-HdT

 

Sans plus attendre et ne rien perdre de cette énergie qui court la vallée, le Hors du Temps reprend son voyage de remonte. Il nous faut rester « aiguisé »  alors que tout porte au relâchement : le tempo des eaux qui roulent sous le fond de coque, le soleil, un léger bercement et une vitesse soutenue à laquelle bien honteusement on s’habitue.

 

Etre avec le vent est une chose toute curieuse puisque les effets qui le traduisent disparaissent à cet instant, reste que nous sommes embarqués et conduits d’une force surnaturelle.

 

Plus que jamais nous nous accordons sur le petit drapeau qui traduit la route relative, malgré le cours qui parfois diffère et comme en toute chose le compromis s’impose.

  

1731 Remontée HDT François Guéneau 

L’ouvrage de franchissement se dessine et nous devinons quelques silhouettes qui scrutent le val, mais il nous faut maintenant décider si le mât de notre fûtreau passe sous la ligne à haute-tension. En ce lieu et par la portée qu’elle engage, elle creuse méchamment le milieu de la rivière, notre route, l’équipage se questionne et l’absence de recul à sa verticale porte le doute.

  

1708 Remontee-HdT

 

Quelques longues secondes s’écoulent et notre esprit est déjà sur le pont où seront bientôt nommées les silhouettes qui s’y animent. J’ai dans la tête un parchemin tout droit sorti du Nom de la Rose qui situe à cette hauteur une des plus belles scènes batelières qu’il nous soit donnée de connaître.

1745 Remontee-HdT 

Un accueil inattendu mais à la mesure de l’évènement nous attend de toute la famille Picard, hôtes de l’auberge de cette étape et grands connaisseurs de l’affluent.

 

 

1754 Remontee-HdT

 

Ce qui vient d’être accompli n’a pas les attributs ridicules de l’exploit, mais je crains plus que tout encore la fausse modestie. Il est un fait que cette journée, avec ces trois compagnons*, signe (pour les initiés que nous sommes devenus) une des plus belles émotions à vivre en ce bocage du nord bourbonnais.

manu Paris Marque à Manuscrit

        

 

* Frédéric Mourier, Jean-Marc Duroure, Jean-Baptiste Paris

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Le Veurdre / Moulins

Publié le par L'Equipage des Chavans

Ce matin, la première étape d'un voyage à la voile a débuté. Un périple de remonte à la force du vent vers Moulins-sur-Allier.

 

voile-TB-19 

Depuis quelques jours, le fûtreau Hors du Temps patientait sur ancre, en rive droite, à l’aval du pont du Veurdre, dans l’attente des flux de nord-ouest qui sont maintenant annoncés.

 

Désarmé de son mât pour franchir la grande arche, l’équipe réunie* entre en bateau à neuf heures et demie et se lance à la bourde contre la rivière qui est grande depuis la veille.

 

Une bonne suée plus tard, le bateau est porté à l’amont protégé d’un petit îlot qui fait face au château de la Baume. Il est temps de dresser la mâture et voir son enchevelure démêlée, la grande piautre calée, les verdons et commandes disposés comme il se doit pour continuer la route.

 

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De mar à galarne, Hors du Temps se positionne sans perdre une minute de ce vent si précieux qui doit nous transporter vers des pays plus hauts.

 

C’est parti ! la voile s’arrondit puissante, la rivière s’écroule sous la levée de proue, notre nacelle est en accélération dans un silence des mots interdit.

 

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Comme nous pouvions nous en douter, les couloirs du vent sont à choisir de la plus juste façon et il convient d’anticiper l’écran des grands arbres de bordures et ceux des îles qui n’existaient pas dans les temps anciens.

 

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La sensation d’énergie de ce transport est décuplée d’un souffle qui semble courir des collines et dont la maîtrise nous demeure encore incertaine…Le bateau, par instant file sur l’erre, abandonné à la violence des eaux, qu’un nouveau et long souffle nous transporte plus fort, ainsi jusqu’à la première courbe qui fait face au logis de Beauregard, à une petite lieue de notre embarquement.

 

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Une heure après midi sonne, nous affalons la grande toile de notre fûtreau qui vient s’amortir contre la terre légère et verticale de l’anse de la Tour Barrieu. Une ancre est portée pour le temps d’un panier bien préparé et bientôt apprécié, tandis que s’oriente sûrement un vent contraire et puissant. Nous nous résolûmes à débarquer et à mettre en fosse notre vaisseau en ce lieu.

La Tour Barrieu le 19 mars 2011 Marque à Manuscrit

 

* Deux renforceurs (paroisses de Saint-Germain-des-Fossés et Aubigny), un pilote (paroisse de Château-sur-Allier).

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Le Veurdre / Moulins-sur-Allier à la voile

Publié le par L'Equipage des Chavans

Décembre 2010 : trois bateliers chavans à l’orée d’une aventure intérieure...

 

Pour Manu Paris, Fred Mourier et Jean-Marc Duroure, cette fois, point de grande destination au long du val, mais une seule idée en tête : rejoindre Moulins par la rivière.

 

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A l’heure des voyages mercatiques qui ne situent l’aventure que dans les déserts, pôles et forêts amazoniennes, c’est trois-là savent que cette vallée du centre du bocage, qui plus est du pays, peut offrir sur les traces de l’ancienne marine, des émois et sensations authentiques, le pourquoi d’une aventure intérieure.

 

parchemin

Parchemin de 1688 déposé aux archives départementales,

représentant une scène de halage à la hauteur de Villeneuve-sur-Allier 

 

 

Depuis l’ancien port du Veurdre, les 38 kilomètres de cours qui séparent ces deux cités batelières devront être couverts à contre-courant de l’Allier par le bateau choisit : le grand fûtreau Hors du Temps. On se souvient que, propulsé aux avirons, il a rejoint depuis le Bourbonnais les quais d’Orléans il y a deux ans.

 

Pour ce voyage de remonte, il sera armé de son gréement traditionnel (mât, guirouet, haubans, voile de 50 m2, écoutes, marnes, boulines, chevêtres et piautre) et devra être manoeuvré dans les « couloirs » du vent, précisément celui de galarne, la rivière s’axe nord-ouest à partir du Veurdre.

 

10 05 5632 EMBRAUD

 

Hors du Temps est sur ancre au pied d’Embraud, les cassettes de marine sont prêtes et les gonfalons du domaine flottent dans les pupilles de l’équipage.

 

Hors du Temps à l'amont de la Tour Barrieu 

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Brassac / Château 2011

Publié le par L'Equipage des Chavans

Voilà quinze mois que s’est achevée l’aventure d’Orléans et la soif de parfaire notre connaissance de la voie fluviale des commerces anciens ne s’est pas affaiblie. Dans les têtes des bateliers chavans, un nouveau voyage sur la rivière Allier se préfigure. Pourquoi ne pas projeter le départ de nos fûtreaux, 200 kms à l’amont, et que Embraud, notre quai d’attache, devienne l’ultime étape de ce voyage ?

 

  4797 Descente 

 

BRASSAC / CHÂTEAU sera l’aventure 2011, 220 kms d’un parcours qui verra nos bateaux « baisser » des gorges du Haut-Allier jusqu’aux prairies de la vallée, pour une arrivée idéale le jour de l’Ascension et de la Fête de la Rivière, le 2 juin.

 

Pour ce voyage, les fûtreaux retenus sont Hors du Temps (11 mètres) et Tresse-Allier (9 mètres), exit La Gabrielle au tirant d’eau conséquent, défaut rédhibitoire pour la portion Haut-Allier. En effet, presque 90 kms sinueux et tourmentés nous obligeront à franchir les fameuses « raies », comme les anciennes gens des hautes paroisses nommaient les rapides. La conduite et les manoeuvres seront assurées au moyen des avirons et bâtons ferrés, dans la configuration qui a fait ses preuves pour le voyage d’Orléans.

 

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Voici énumérés en gras, de façon exhaustive, les anciens ports qui rythmaient au XVIIème et XVIIIème siècles, cette grande avalée et pour chacun, le principal fret qui attendaient sur les quais ou talus.

 

1.      Brassac (rive gauche) : On y chargeait du vin, des blés et les pommes d’Auvergne, des fromages du Cantal, des toiles, des papiers fabriqués dans les foulons de Thiers et d’Ambert. A partir de 1664, la houille.

2.      Jumeaux (rive droite) : Situé face à Brassac et réputé pour ses chantiers de construction de sapines ou auvergnates, bateaux de charge emblématiques de la rivière Allier (en 1787, les charpentiers de marine en construisent 2.000).

3.      Nonette (rive droite) : Etonnant pointement volcanique qui portait forteresse. Il y existait un péage dès le XIIIème siècle. Exportation de vin, huile et chanvres.

4.      Parentignat (confluence de l’Eau Mère - rive droite) : des billes de sapins pour les mâts de la Royale, du papier, des céréales, des fromages assuraient annuellement le chargement de deux à trois cents bateaux. Le 13 mars 1825, il y eu trente bateaux chargés de glace à destination des plus prestigieux cafés parisiens.

5.      Issoire (port du Perthus - rive gauche) : Vin, fruits, grains, farine, terre, bois.

6.      Saint-Yvoine (rive gauche) : magnifique village perché au sommet d’un impressionnant horst basaltique qui surplombe la rivière.

7.      Coudes (rive gauche) : Exportation des bois de Besse-en-Chandesse et des blocs de grès d’arkose des carrières de Montpeyroux.

8.      Corent (rive gauche).

9.      Longues (rive droite) : Vague puissante à l’aval du pont.

10.  Sainte-Marguerite (rive droite). 

11.  Les Martres-de-Veyre (rive gauche) : Des céramiques depuis la plus ancienne époque partaient de ce port (des archéologues anglais en ont reconnu en Angleterre), vins, fruits.

12.  Cournon (rive gauche) : Vins et charbon de terre.

13.  Dallet (rive droite) : Une auberge réputée pour la marine et portant ancre en façade y demeurait. En 1840, 46 bateaux y sont affrétés pour le transport des vins de Dallet très appréciés.

14.  Pont-du-Château (rive gauche) : En 1765, Monsieur de Ballainvilliers, intendant d’Auvergne, signalait que «  de Brassac à Pont-du-Château il y a des rochers dans le milieu du courant qui forment des écueils que les mariniers fréquentant la rivière de l’Allier sont seuls capables d’éviter, par la connaissance qu’ils ont de tous les endroits dangereux ». A la fin du XVIIIème siècle, l’activité des ports de Pont-du-Château devient intense avec l’apport des produits des foires de Beaucaire dans le Gard et des denrées exotiques débarquées à Marseille et transportées jusqu’ici par les convois de muletiers. On sait que les bateaux de la gabelle remontaient à ce plus haut point de la rivière le sel de l’océan.

15.  le tumulteux seuil des Madeleines : rapides.

16.  Les Martres-d’Artière (rive gauche).

17.  Joze (rive gauche) : Exportations de grains. En raison d’absence de chemin par la présence de marais, bac très ancien attesté par l’appellation sous l’Ancien Régime de nef de Joze.

18.  Maringues / Luzillat (ports de Pont Picot et de Vialle - rive gauche) : Embarquement des produits des foires de Beaucaire avant le déplacement du lit de la rivière. Maringues possédait également une foire très importante expliquée en partie par le fait que l’Allier devenait à partir de ce lieu navigable toute l’année (en principe). Exportation des fers et des cuirs pour les armées, des grains de la basse Limagne, des produits de tannerie, le chanvre pour la Marine Royale. En janvier 1721, un inventaire des balles disposées à même les berges énumère les marchandises suivantes : des bouteilles de ratafia, de thym, de sirop capillaire, d’eau de Hongrie, d’eaux minérales, d’eau de fleurs d’oranges, de liqueurs de Montpellier, de fromages de Roquefort, de dentelle, de raisins muscats à l’eau de vie, d’esprit de vin, d’épices, de raisins secs de Gignac, de barils d’olives, de draps blancs de Lodève, de coton filet, de caisses d’anchois, de figues de Ceyssac, de cristal de Tarbes. En 1736, un coche régulier pourvu d’une cabane est créé pour desservir les ports de Briare, Gien, Orléans. Départ tous les mardis.

19.  Limons (port de Ris - confluence de la Dore - rive gauche) : Ancien péage. Expédition de marrons. Le tirant d’eau en ce lieu permettait de doubler la charge des bateaux avalants et des trains de bois. Débarquement d’une partie des grains en provenance de Maringues pour transport par roulage vers Thiers et Lyon.

20.  Mariol / Saint-Yorre (rive droite) : Premiers ports du Bourbonnais. Exportation de plateaux de noyers, de bois de charpente, de fruits, de poterie et d’eaux minérales.

21.  Vichy (rive droite) :  exportations identique à celles de Mariol et Saint-Yorre. Vers 1865, est construit un barrage « ayant pour objet le relèvement du niveau de la rivière de manière à prévenir le dégagement des effluves insalubres qui résultent de l’insolation des grèves et à procurer aux baigneurs les agréments nautiques ». Parallèlement une pélière très dangereuse pour la navigation fut aménagée.

22.  Creuzier-le-Vieux (rive droite) : Exportation de haricots, de vins, fruits et plateaux de noyers.

23.  Saint-Germain-des-Fossés (rive droite) : Exportation de fruits. Halte des chalands pour la nuit dans une auberge réputée portant l’enseigne de Saint Nicolas.

24.  Billy (port de Framboisy - rive droite) : Plateaux de noyer et fruits.

25.  Varennes-sur-Allier (port de Chazeuil - rive droite) : Bois de marine, merrains, planches de charpente, plateaux de noyers, vins, blés, haricots. Ateliers de construction de bateaux en chêne.

26.  Monétay-sur-Allier (port de la Chaize - confluence de la Sioule – rive gauche) : Auberge de marine réputée. Exportation des vins de Saint-Pourçain dès le XIIIème siècle puis la houille des mines du Montet à partir de 1837.

27.  La Ferté-Hauterive (rive droite) : Bois de sciage et bois blanc.

28.  Châtel-de-Neuvre (rive gauche) : Le plus grand port d’exportation des vins de la province au XVIIIème. La crue de 1790 emporta 450 pièces de vin déposées sur la rive, elles ne purent être arrêtées qu’à Moulins.

29.  Bessay-sur-Allier (rive droite) : Charbon de bois, merrains, bois de charpente et à brûler.

30.  Chemilly (rive gauche).

31.  Toulon-sur-Allier (rive droite).

32.  Moulins (rive droite) : Nicolas de Nicolay note que « ce port est le plus considérable de cette rivière et qu’il y a un grand apport à cause des marchandises qui arrivent d’Auvergne et autres endroits ». L’équipement de ces installations de marine, en 1429, permit à Jeanne d’Arc d’y faire embarquer son charroi de guerre sur des bateaux réquisitionnés à Perrin Blanc, Seigneur du Veurdre. Plus tard, à la fin du XVIIème, exportation de la houille des mines de Noyant. Dès 1642, via le canal de Briare, on exporte des quantités considérables de charbon de bois, de bois de chauffage et de vins des alentours vers la capitale. En 1696, Moulins compte plusieurs marchands de bois parmi les commerçants les plus importants et influents de la ville, 22 entrepreneurs de marine, 276 mariniers et compagnons bateliers, 8 voituriers par eau de réputation, des charpentiers en bateaux. Exportation de merrains, et bois de construction. 1784 marque le plein essor de l’exportation des houilles de Noyant avec 185 sapinières chargées. En 1853, la nature des matériaux en attente sur les quais des trois ports de Moulins est décrite comme suit : en rive droite en amont du pont (port du Chambonnet) : houille, charbon de bois, charniers (échalas), bascules à poissons, voliges, merrains, charpente, farine, sel, paille, foin, poterie, fruits, vins, plusieurs chantiers à bateaux en chêne pour la Basse-Loire. En rive gauche en amont du pont (port de la Brasserie) : charpente de marine, merrains, pierres de Volvic. En rive gauche en aval du pont (port de la Charbonnerie) : charpente de marine, voliges, merrains, traverses de chemin de fer, houille, charbon de bois, bouteilles, chantiers pour la fabrication des trains de bois, des bateaux-lavoirs, de bateaux en chêne de toutes dimensions. 100 % des chargements de ce port ont Paris ou la Basse-Loire comme destinations. En 1841 et pendant seulement 10 ans, la capitale du Bourbonnais sera la tête de ligne de la navigation à vapeur avec les fameux inexplosibles.

33.  Montilly (Les Herats - rive gauche) : charpente, merrains, bois à brûler.

34.  Villeneuve-sur-Allier (La Malinotte - rive droite) : Charpente de marine et merrains.

35.  Bagneux (rive gauche) : Charpente de marine et merrains.

36.  Aubigny (Les Roches - rive gauche) : Charpente de marine et merrains.

37.  Saint-Léo (Port Barreau – rive gauche) : Charpente de marine, merrains, charniers et bois à brûler.

38.  Le Veurdre (rive gauche) : 2ème port du Bourbonnais. Il y est fait mention dès 1097 d’un commerce fluvial. En 1300, d’un important entrepôt de sel. Au cours d’un hiver du XVIIIème siècle, l’intense trafic nous est révélé par l’emprisonnement dans les glaces de plus de cent bateaux devant la ville. En 1751, une sécheresse exceptionnelle voit 40 chalands en cours de chargement immobilisés. A cette époque, l’accroissement du trafic amena le port à se dédoubler. Les vins (de Riousse) et les céréales (blé, seigle, avoine) demeurent au Veurdre tandis que les bois et fers des forêts de Tronçais, Champroux et Saint-Augustin sont disposés à la confluence de la Bieudre. A la remonte, les denrées des colonies et les poissons salés en provenance de Nantes. Depuis la plus ancienne époque, le Veurdre possède des chantiers à bateaux en chêne forts réputés.

39.  Château-sur-Allier (Fin de notre voyage - rive gauche) : Exportation de bois de charpente pour la marine, de merrains, de charniers, de planches, de charbons de bois, de fers des forges environnantes.

 

Pour la batellerie des gars de Château,

manu Paris (mars 2011)

www.lachavannee.com                                                                    hors-du-temps.over-blog.com

 

Sources : Ancienne batellerie de l’Allier et de la Dore – Pierre Mondanel -1975)

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Franchissement du Pont Régemortes par les bateliers Chavans

Publié le par L'Equipage des Chavans

Samedi 14 août, l’équipe batelière de La Chavannée, de retour des fêtes de Contigny et Chemilly, via les rivières de Sioule et Allier, est arrivée en vue du pont Régemorte en fin d’après-midi.

 

 

4943 Descente

 

Les équipages formés de leurs fûtreaux Tresse-Allier (9 mètres) et La Gabrielle (7 mètres) envisageaient un bivouac sur la grève de l’ancienne cité batelière, avant d’apponter après une journée de navigation encore, les prairies d’Embraud, siège de leur domaine à Château-sur-Allier.

 

Avant cela, il a fallu franchir en rive gauche l’arche qui surplombe la passe à poissons et qui comme son nom l’indique n’est pas une passe à bateaux... En effet, il n’y a guère plus de 100 ans, comme les anciennes photos le prouvent, le seuil du radier du pont de Moulins était de niveau égal à l’amont comme à l’aval. Aujourd’hui, le creusement du lit de la rivière impose à cette époque de l’année une marche de presque 3 mètres, rendant le franchissement quasi impossible aux lourds bateaux en bois traditionnels, pourtant conçus pour cette rivière.

 

 

4952 Descente

 

Après un prompt plan de bataille dans un ronflement aqueux empêchant toute longue discussion, il est décidé d’engager le plus léger fûtreau qui approche les 600 kg. Allégé de son chargement que sont les avirons de bord et de queue, les coffres de marine, les sacs de subsistance et couchage, les lanternes, les réserves d’eau et les bâtons ferrés, La Gabrielle cherche l’alignement adéquat pour « sauter » la première des 8 marches imposées.

 

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Assurée d’un fort cordage en rappel aux fins de contrer un travers fatal voulu par le courant, l’équipe de toute sa force mais dans un équilibre précaire, allège sur chaque marche le bateau qui, avec peine et dans un raclement de fond inquiétant, avance malgré tout vers le degré aval suivant.

 

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La plus haute et dernière marche franchie, déjà les Chavans et forts de ce succès, s’affairent à préparer le grand fûtreau Tresse-Allier pour la même manœuvre maintenant éprouvée.

 

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Beaucoup de cette bonne énergie déployée et avant de profiter pleinement d’un repas pensé par le gabarier en charge, il restait néanmoins à tout ranger dans le meilleur ordre pour continuer sérieusement la route sur cette voie de communication historique du Bourbonnais et de l’Auvergne.

 

 

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5130 Descente

 

La nuit fut fraîche mais au premier soleil et par un fort vent de galarne, la petite flotte disparaissait à l’horizon laissant derrière elle l’ancienne gare à bateaux, les gros et lourds anneaux des arches du pont qui virent tant de manœuvres de l’ancienne marine et les grands quais de Moulins-sur-Allier.

 

La persévérance des Chavans qui n’est plus à prouver (voir le livre Hors du Temps de leur voyage sur leurs fûtreaux vers Orléans, via l’Allier, La Loire) a eu raison de cet obstacle majeur d’aujourd’hui, mais peut-être est-il à prendre maintenant comme un rempart qui préserve la rivière de toutes les outrances.

 

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Texte de Manu Paris

Photos de François Guéneau

 

Equipage de "La Gabrielle"

 

Manu Paris

David Boirat

Thomas Mousseau

Danielle Delouw

Cécile Paris

 

Equipage de "Tresse-Allier"

 

Michel Thevenin

Stéphane Manconi

Jean-Marc Duroure

Fred Mourier

 

Gabarier : Jacky Griffet

 

 

Vous pouvez retrouvez la totalité des photos du franchissement du Pont Régemortes en cliquant ici

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Commande du livre "Hors du Temps"

Publié le par L'Equipage des Chavans

Le livre "Hors du Temps", carnet de voyage des équipages chavans  qui reprend au jour le jour, et en images toute la genèse de la descente aux avirons et aux bâtons de Chateau sur Allier jusqu'au quai du Châtelet à Orléans à l'occasion du Festival de Loire 2009 est disponible à la vente.


Il suffit de nous envoyer vos coordonnées et un chèque bancaire ou postal à l'ordre de La Chavanée à :


LA CHAVANNEE

Embraud

03320 Chateau-sur-Allier


Prix de vente : 16,00 €

Frais de port :   2,00 €


Soit un total de 18,00 €

 

Couverture Hors du Temps

 

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